La catastrophe des péages à flux libre, les péages sans barrière

Depuis le début de l’été 2024, les péages à flux libre fleurissent en France. l’A14 a été touchée et l’A13 le sera bientôt, suivie par bien d’autres.

Certains automobilistes, pas assez modernes selon les sociétés d’autoroutes (qui une fois de plus font ce qu’elles veulent) ont reçu des factures exorbitantes et même des menaces..

Le système des péages à flux libre, qui supprime les barrières physiques et repose sur une facturation automatisée, a révélé en effet des dysfonctionnements importants.

Ainsi, un conducteur a dû faire face à une facture hallucinante de quasiment 500 euros pour un simple trajet de 21 km de par l’absence d’information claire et accessible sur les modalités de paiement et les conséquences en cas de non-paiement.

Si l’automobiliste ne dispose pas d’un badge de télépéage ou s’il n’effectue pas le paiement dans les délais impartis, il peut se retrouver face à des amendes astronomiques. Il s’agit concrètement d’un piégeage financier organisé, où les sociétés d’autoroutes semblent profiter du manque de clarté et de souplesse des procédures pour engranger des pénalités.

Le problème majeur réside, comme souvent avec la numérisation forcée, dans l’absence d’une communication efficace sur les alternatives de paiement. Ceux qui ne possèdent pas d’abonnement de télépéage doivent se rendre sur des sites spécifiques, ou dans des points de vente partenaires, tels que les bureaux de tabac, pour régler leur dû. Or, cette démarche, loin d’être intuitive pour bon nombre d’usagers, entraîne souvent des oublis ou des erreurs. C’est là que le piège se referme, car passé un certain délai, les pénalités commencent à s’accumuler.

Si vous ne payez pas dans les 72 heures après avoir utilisé l’autoroute, une première majoration de 90 euros s’applique.

Si cette nouvelle somme n’est pas réglée dans les 15 jours, l’amende grimpe alors à 375 euros. Pire encore, si elle n’est toujours pas acquittée, l’addition finale peut atteindre 475 euros, comme l’ont malheureusement expérimenté pas mal d’automobilistes.

L’administration et les entreprises gestionnaires se renvoient la balle avec la « modernisation nécessaire des infrastructures routières » sauf que cette modernisation semble davantage servir leurs intérêts financiers que ceux des usagers. En effet, les coûts d’entretien des stations de péage traditionnelles sont en baisse, tandis que les bénéfices liés aux amendes explosent.

Il serait normal que des alternatives plus accessibles soient mises en place, notamment un système de notification par SMS ou e-mail pour rappeler aux conducteurs qu’ils doivent s’acquitter de leur péage. De plus, la possibilité d’étaler le paiement, surtout en cas d’amendes aussi disproportionnées, devrait être envisagée pour éviter de piéger les usagers dans une spirale financière.

Autre problème: la compatibilité des systèmes de paiement sur le net avec les navigateurs.

Si vous souhaitez payer via internet, attention à avoir le « bon » navigateur.. Si vous utilisez certains systèmes pourtant répandus, les pages de paiement des sociétés d’autoroute ne fonctionnent pas (C’est le cas de celles de la SANEF notamment..) .

Et que dire des gens qui n’ont pas Internet, pas d’ordinateur, pas de smartphone ? les sociétés d’autoroutes condamnent ces gueux à la Départementale ou à la Nationale les jours de fête ?

Automobiliste occasionnel ? Pompe à fric pour les sociétés d’autoroute..

Le paiement des systèmes de péages à flux libre sont compliqués pour les automobilistes occasionnels qui ne vont pas donc créer un compte et mettre en place un système de prélèvement.

Ces automobilistes vont donc recevoir un avis de paiement ou ne vont pas le recevoir ou le lire dans les temps pour une des multiples raisons possibles dans notre monde:

  • la Poste déconne
  • l’adresse de la carte grise n’a pas été actualisée
  • l’adresse est à l’étranger
  • la voiture est une voiture de location longue durée
  • la personne est absente de son domicile pour quelques temps

En fin de compte, ce système pose des questions sur la relation entre l’automobiliste et l’industrie autoroutière. Plutôt que de faciliter la mobilité, ces nouveaux modes de péage semblent davantage exploiter les lacunes du consommateur moyen. Les usagers des routes, déjà soumis à des frais élevés pour utiliser les infrastructures autoroutières, devraient pouvoir bénéficier d’un traitement plus juste et équitable. Les organisations de défense des consommateurs devraient s’emparer de cette question et demander des réformes en profondeur pour mettre un terme à ces pratiques abusives.

Un encadrement plus strict et des sanctions proportionnelles sont nécessaires pour éviter que les conducteurs ne subissent des situations difficiles. Si des ajustements ne sont pas apportés rapidement, il est fort à parier que ce système sera perçu par une large majorité comme une arnaque légalisée avevc la complicité des politiques.

Voir https://www.paris-normandie.fr/id552461/article/2024-08-21/peages-flux-libre-les-surprises-des-premieres-factures-sur-lautoroute-qui-mene

A propos de La catastrophe des péages à flux libre, les péages sans barrière

Commenter ou poser une question

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Les cookies permettent de personnaliser contenu et annonces, d'offrir des fonctionnalités relatives aux médias sociaux et d'analyser notre trafic. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer